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Histoire d'une passion

caricature

Jusqu'en 1979 les cactus n'étaient pour moi que des motifs d'arrières plants dans les films de John Wayne ou des illustrations dans les albums de Luky Luke...

L'été 1979 allait être la révélation, c'était mes premières vacances en Corse où les parents de ma copine de l'époque venaient de construire une maison...

La première surprise eue lieu sur la place de Bastia, face au port ou nous attendions ma voiture qui avait été embarquée sur un autre cargo à Marseille. Une chose m'intriguait, cela peut paraître naïf aujourd'hui, mais je découvrais pour la première fois des palmiers. Ces arbres splendides ornent encore cette place Saint Nicolas, un régal.

Quelques heures plus tard c'était l'arrivée au village dans le sud de l'Ile de Beauté près de Porto Vecchio ( Porto Vec' pour les habitués ), la petite maison était en partie cachée par la végétation, ce maquis aux senteurs délicieuses qui embaument l'île aux milles visages. Et au milieu de cela quelques figuiers de barbaries, Opuntia ficus indiqua, de la taille d'un arbre! C'était le déclic! Les premières oreilles plantées en décoration non loin de la maison et d'autres emportées sur le continent à notre retour...

opontia_ficus_indica

L'année 1979/80 allait être l'occasion de l'achat de mes premiers livres, déjà rares en français à l'époque, et la découverte d'un certain jardin à Monaco au travers de quelques photos et illustrations...

L'été suivant 1980 arrive, retour vers la Corse, toujours avec ma copine, et cette fois avec un petit détour par Monaco avant d'embarquer le soir même à Nice pour Bastia. Cette visite est encore dans ma mémoire comme une des plus extraordinaires visions qu'il m'ai été donné... Une petite idée commençait à germer dans ma tête... En Corse, cette année là fût l'occasion d'une de nos plus grosses bétises, pour camoufler les écoulements d'un puisard plus ou moins aux normes, nous avions planté une cinquantaine d'Agaves americana tous les cinquante centimètres. Nous nous en sommes rappelés pendant quelques années. Aujourd'hui il en reste 7 ou 8 espacés sur l'ensemble du terrain. De retour sur le continent, installation de notre première serre, chez ma copine, les premières Cactées étaient alors achetées chez Clause, une des rares grandes surfaces du jardin de l'époque.

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En 1982, après avoir avoir démaquisé quelques espaces sur le terrain, je négociais un bout de corniche à mon beau-père, et oui ma copine Sylvie et moi avions décidés de parcourir un bout de route ensemble. Ce petit coin de terre allait devenir mon Monaco à moi! Mais il nous fallait aussi arracher quelques uns de ces agaves devenus très encombrants. Certains sujets, Aloe vera, Aloe Arboresens, furent récupérés aux bords des routes avec ma cousine corse, Nathalie… Que de bons souvenirs ! Je plantais aussi un Agave victoria reginae et un Agave filifera, ils sont toujours là au milieux de la rocaille qui a bien changée en 25 ans.

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Juillet 1984, naissance de Delphine, la petite choupette nous prenant beaucoup de temps, le voyage en Corse était repoussé sur les fêtes de fin d'anné;e. Cela nous donna l'occasion de voir notre massif d'Aloe arborescens couvert de grappes d'un rouge vif.

aloe-arborescens

L'hiver 1985/86 fût très rude, une nuit ou la température était descendue à –20°, le disjoncteur de la ligne électrique de la serre décidait de nous jouer un mauvais tour. Pour notre plus grand malheur la serre allait rester 24 heures sans chauffage, ce fut un désastre, les Opuntia dont certains atteignaient les deux mètres furent détruits par le gel . Les semaines qui suivirent nous amenèrent à un bilan très lourd, la collection de 150 Cactées avait été anéantie en quelques heures par le froid. Le climat de la Seine Et Marne ne semblait pas du tout adapté à ces plantes et désespéré nous abandonnions alors la serre aux géraniums de Papi et Mamie …

Je me consolais de temps à autre, lors de passages à Paris, en allant passer quelques heures dans la serre a Cactées au jardin des plantes. Quelques années auparavant j'y avais admiré une collection d'Hawortia superbe, j' affectionne toujours ces plantes et même s' il ne bénéficie pas de moyen suffisant pour son entretient, il reste un endroit agréable au coeur de la plus belle ville du monde.

Heureusement il restait le jardin de Corse, et l'été 86 allait nous apporter plus de joie. Mon oncle Don Jacques Giovannageli dit Jacot le papa de la petite Nathalie, nous apporta une aide précieuse, il nous construisit un superbe mur pour agrandir ma corniche ! Et pour dégager un de ces terrains, il me faisait cadeau de trois Opuntia cylindrica absolument magnifiques ! Très inconsciemment, nous les avons déracinés, couchés dans la 2cv camionnette et transportés jusqu'à la maison, puis replantés… Tout cela sans la moindre blessure, quand on y repense aujourd'hui, c'était vraiment de la folie ! On ce demande encore comment aucun d'entre nous n'a fini à l'hôpital quand on voit la taille des épines, le volume et le poids de ces plantes ! Aujourd'hui il ne reste qu'un pied d'origine, mon beau-père ne supportait pas la présence de ces monstres aux dents acérées!

Les années ont passées, seul notre jardin de Corse évoluait chaque été avec l'aide de mes vieux copains Roger, Patrice et puis il y a eu la rencontre avec Robert lors des grands feux qui sévirent et dévastent encore trop souvent nos paysages. Robert travaille aux pépinières de Saint Cyprien, un type super, il connaît tout des plantes, des arbres, c'est un professionnel qui vit dans son élément, un amoureux de la nature. Chaque année il glane ces succulentes sur la Côte d'Azur, et beaucoup en Italie, il ne manque pas à chaque fois de me rapporter une pièce rare qu'il me garde bien de côté jusqu'à mon arrivée. Si vous passez dans le secteur, allez le rencontrer..

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Sur le continents, ma passion pour les cactées et les succulentes se matérialisait de temps à autre avec l'achat d'un nouveau sujet, un Echinocactus grusonii, un Notocactus magnificus, un Gymnocalicium baldanium et puis une Euphorbia heritrea, j'ai toujours us un penchant pour les Euphorbes. cela vient sans doute de la première que j'ai vue à Bonifacio dans la ville haute au niveau de l'escalier du roi d'Aragon. Une plante ènorme au milieu de cette falaise blanche.

En septembre 2001 au retour des vacances, un soir ou je surfais sur le net, une idée me traversa l'esprit! je tapais le mot "Euphorbe" sur mon moteur de recherche, pas de r"sultat, seul un groupe musical d'origine germanique r"pondait à cet appel. Deuxième tentative avec le mot "Cactus"... Alors là miracle, des dixaines de pages s'ouvraient sous mes yeux! Incroyable, moi qui passais pour un original auprès de mes amis, je me retrouvais au beau millieu d'un monde de piqués.

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Jean-Marc Veillat, Passion succulentes © 2005